
Pays |
Dates |
Villes |
Tarif TTC |
|---|---|---|---|
| Billet avion Tunisie | Départ le 31/05/12 Retour le 10/06/12 |
paris sfax |
350€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 24/06/12 Retour le 05/07/12 |
paris sfax |
348€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 05/07/12 Retour le 24/07/12 |
paris sfax |
606€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 08/08/12 Retour le 28/08/12 |
paris djerba |
807€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 21/06/12 Retour le 26/06/12 |
paris sfax |
1.058€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 11/06/12 Retour le 24/06/12 |
paris monastir |
1.031€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 31/05/12 Retour le 10/06/12 |
paris sfax |
319€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 28/05/12 Retour le 09/06/12 |
paris djerba |
312€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 21/06/12 Retour le 26/06/12 |
paris sfax |
267€ |
| Billet avion Tunisie | Départ le 22/06/12 Retour le 05/07/12 |
nantes monastir |
2.051€ |




TUNISIE (beylik de) - 99 600 kiloimètres carrés, 1 900 000 habitants (Voyez la carte, page 603.), l'Africa des anciens Romains, comprenant la Byzacène et la Zeugitane. La Tunisie, une des trois régences barbaresques, est située au nord de l'Afrique, entre la Méditerranée au nord et au nord-est, la régence de Tripoli au sud-est, le Sahara au sud, l'Algérie à l'O. La Tunisien est, en somme, que le prolongement oriental de l'Algérie : la constitution géologique et la population des deux pays offrent une similitude bien marquée. Le Tell et la région des plateaux sont à peu près confondus : le sol, très accidenté, est partout susceptible de culture, et les eaux convergent dans le bassin de la Medjerdah. La chaîne qui parcourt l'Afrique du Nord vient se terminer en Tunisie par le djebel Kessera, le djebel Bellota (1180 mètres), le djebel Bargou, le djebel Djoukar (1171 mètres), le djebel Zaghouan (1300 mètres) et le djebel Zid au nord Au cap Bon (ras Addar) viennent aboutir les montagnes de la presqu'ile de Daklat-el-Mahouin ; à ces hauteurs se rattachent le djebel Trozza (1 001 mètres) et le djebel Ousselet, au sud-est de Kairouan, avant-chaîne qui se prolonge au sud jusqu'à Gafsa et aux Chotts. Les vallées de ces montagnes sont fertiles et habitées par des populations sédentaires. Les Romains avaient percé dans cette région des routes qui existent encore et qui joignent Tunis et le Kef à Sousse et à Kairouan, Tunis à Hammamet. Tebessa à Kairouan et à Gafsa. Au nord s'étend une avant-chaîne dont les principaux points sont : le djebel Dir au nord-ouest de Tebessa, les montagnes volcaniques du Kef, les cluses de la Medjerdah au sud de Béja, le djebel Eidous et le ras El-Mekki. Au Kef vient passer la route de Tunis à Constantine : de là partent d'autres chemins vers Tabarka et la Calle. Dans l'espace compris entre ces chaînes et la côte se dressent les montagnes granitiques et gneissiques des Khroumirs (2 200 mètres), bien arrosées et couvertes de belles forêts. A l'Est de la région des Khroumirs est le Mogod, que domine le djebel Tabouda. Les eaux qui cou lent sur les pentes se réunissent dans une nappe d'eau douce, le garaât Ech-Kheul, qui se déverse dans le lac de Bizerte. La Medjerdah est le principal cours d'eau de la Tunisie. Elle prend sa source sur les hauts plateaux de la province de Constantine : son bassin est la région vraiment riche et peuplée de la Tunisie; il est séparé en trois parties par des défilés étroits. La première est la plaine de Soukahras en Algérie ; la seconde, la plaine de la Daklat, de Ghardimaou à Béja, où vient aboutir l'oued Mellègue ; la troisième est la plaine de Tebourba, bien arrosée par un système d'irrigations (le barrage de Tebourba a été établi en 1622 par des ingénieurs hollandais) ; elle s'étend de Testour à Tunis et à la mer. La largeur de la rivière, qui est de 100 mètres dans son cours moyen, se réduit à 35 mètres dans les défilés de Béja ; elle aboutit au golfe de Porto-Farina. Elle reçoit à gauche quelques torrents peu importants. Adroite, ses affluents sont: 1° l'oued Mellègue, qui vient des hauteurs de l'Aurès et arrose la plaine de Tebessa : il passe près du Kef et se jette dans la Medjerdah à Souk-el-Arbâ ; 2° l'oued Kkalled, qui coule à travers la plaine d'Es-Sers ; 3° l'oued Zar-Siliana, qui aboutit un peu en amont de Testour ; 4° l'oued Miliana, qui vient du djebel Bargou : son cours, parallèle à celui de la Medjerdah, se termine au fond du golfe de Tunis ; 5° l'oued Merguellil, qui prend sa source près de Tebessa et va se perdre au voisinage de Kairouan, dans des hatch, après avoir parcouru des plaines stériles. Le lac Kelibia (l'ancien lac du Triton, d'après le docteur Rouire), qui sert de déversoir à l'oued Bagla, s'étend au nord de Kairouan. Enfin, plus près de la mer, s'étend le Sahel, longue bande pierreuse couverte d'oliviers. Les côtes de la Tunisie dessinent dans la mer Méditerranée une avancée qui donne à ses ports une importance considérable. La côte septentrionale fait immédiatement suite à celle de l'Algérie ; on y remarque : 1° à l'E. du cap Roux, frontière de la Tunisie et de l'Algérie, la baie de Tabarka que ferme l'Ile du même nom ; 2° entre le ras El-Abiod et le cap Zebib, la baie de Bizerte, au fond de laquelle, à l'entrée du lac du même nom, se trouve le port de Bizerte que des travaux importants ont transformé en un port de guerre, base d'opérations de nos flottes; 3° entre le ras Sid-Ali-el-Mekki et le cap Bon, le golfe de Tunis; la baie de Tunis proprement dite forme le fond du golfe entre le cap Cartilage et le ras El-Fortas. La ville de Tunis est assise sur les bords du lac El-Bahira, auquel on rend aujourd'hui son ancienne importance en y creusant un canal profond. Le port actuel de Tunis est la Goulette, sur la rive nord du lac : un chemin de fer réunit le port à la ville. A 2 kilomètres à l'Ouest de Tunis est le Bardo, l'ancienne résidence des beys, qui était tout à la fois un palais, une forteresse et une caserne. A l'Est de la Tunisie, les côtes sont basses et marécageuses depuis le cap Bon jusqu'au golfe de Gabès et aux frontières de la Tripolitaine. De Hammamet à Sfax, le long de la mer, s'étend le Sahel avec ses forêts d'oliviers poussant sur un sol de pierres ; puis au sud, jusqu'à Gabès, l'Arad, coupé çà et là de belles oasis. Au large s'élève une ceinture d'îles : les îles Kouriat et Conegliera, qui. ferment au sud le golfe d'Hammamet ; en face de Sfax, les îles Kerkenah, qui en abritent la rade ; au sud du golfe de Gabès, l'île de Djerba, qui produit de bons fruits et dont le principal port, Houmt-es-Souk, est un marché important. On rencontre sur cette côte une série de ports : Kelibia, Hammamet, Sousse (l'ancienne Adrumète), reliée à Kairouan par une route et un chemin de fer à voie étroite ; Monastir, Mahadia ou Mehedia, non loin des ruines de Thapsus ; Sfax, 30 000 habitants, habitée par une population active et industrieuse ; Gabès, où l'on a créé un port. La région saharienne de la Tunisie s'étend au sud du bassin de l'oued Merguellil : la dépression des Chotts (chotts Gharsa, El-Djerid et El-Fedjedj), qui aboutit au golfe de Gabès, la sépare en deux portions. La partie au nord des Chotts est divisée en deux versants, le Djerid à l'Ouest et l'Arad à l'Est Le Djerid, qu'arrose l'oued Thapfaoui, contient plusieurs belles oasis, entre autres, celles de Gafsa, El-Guettar, El-Hamma, Touzeur, Nefta. Dans l'Arad se trouvent les oasis de Gabès et d'El-Hamma. A quelques kilomètres du chott El-Fedjedj et du golfe de Gabès se terminent les hauteurs calcaires (djebel Douerât) qui forment les bords de la cuvette saharienne. Au sud des Chotts s'étendent les territoires des Nefzaoud et des Ourghamna. Enfin, sur le littoral, la Tunisie est séparée de la Tripolitaine par le lac des Bibans (Portes), ainsi nomme à cause des nombreux canaux par lesquels il communique avec la mer. Dans la régence, les pluies commencent en automne (octobre) et finissent en mars : elles sont surtout abondantes en décembre et janvier; le thermomètre marque alors 15-18°, et le vent souffle en général de l'Ouest et du nord-ouest Au printemps, les pluies sont rares. Les chaleurs de l'été commencent en juin et augmentent jusqu'en août ; la moyenne de la température est de 25-30°; mais le thermomètre atteint souvent 40°; le siroco, vent du sud-est, rend la chaleur particulièrement pénible; l'absence d'humidité dans cette saison dessèche la végétation. Les principales cultures indigènes sont celles des céréales, des oliviers et des dattiers. Les céréales, principalement le blé dur et l'orge, sont cantonnées dans les plaines de la Medjerdah, la vallée de Béja à Ghardimaou (80 kilomètres de long), celle d'Utique. Dans l'Est et le sud, ces cultures sont répandues dans la partie du pays, entre la mer et les montagnes. Les terres à céréales sont en général des terres louées : le métayage est très répandu; les métayers portent le nom do khammès ; ils reçoivent du propriétaire, pour 10 hectares, une paire de bœufs, qu'ils doivent entretenir et nourrir, une charrue et le grain nécessaire à l'ensemencement. Quand le grain et l'orge, nettoyés, sont rentrés après la récolte, le propriétaire prend quatre cinquièmes de la récolte pour lui et laisse l'autre cinquième au khammès. Dans une année moyenne, ceci ne représente qu'une centaine de francs. Aussi le propriétaire doit-il faire des avances de grain au khammès, qui devient ainsi son serf. La culture reste stationnaire, car ni le khammès ni le propriétaire n'ont intérêt à augmenter le rendement. Les oliviers sont cultivés sur une grande échelle aux environs de Tunis et de Bizerte, dans le Sahel, l'île de Djerba et les environs de Sfax et de Gafsa. La qualité des arbres est très inégale, et la récolte est bien inférieure à ce qu'elle serait s'ils étaient bien entretenus et si cette culture était débarrassée des formalités vexatoires dont l'administration l'entoure. Les dattiers sont cantonnés dans les oasis de Gabès, des Nefzaoua, et dans le Djerid. Il faut pour le dattier un sol humide en même temps qu'un soleil ardent : ces conditions se trouvent surtout réalisées dans le Djerid. Les oasis du bord de la mer ne donnent que des produits peu estimés. Les oliviers et les dattiers payent un certain droit par pied d'arbre. Le tabac n'est pas, comme en France, l'objet d'un monopole exclusif de l'Etat qui, au contraire, travaille à le supprimer au profit de la régie française. La culture du chanvre est interdite comme nuisant à celle du tabac. En effet, les indigènes fument les pellicules qui entourent le fruit du chanvre, qui donnent une sorte de haschisch. L'alfa abonde en Tunisie ; Gafsa est le marché principal de cette graminée. Autrefois la culture était libre; aujourd'hui, par suite de circonstances qu'il serait trop long de rapporter ici, la culture de l'alfa dans la régence se trouve légale ment concédée à une compagnie anglaise : la production est d'environ 10 000 tonnes par an. La Medjerdah sépare les deux grands groupes des forêts tunisiennes : dans le nord dominent les chênes et les chênes-lièges ; dans l'O. et le centre, on trouve surtout le pin d'Alep et le chêne vert. Ces forêts font partie du domaine beylical : l'administration française, qui agit au nom du bey, a adopté le système de la mise en œuvre directe avec vente des produits par l'État. Près de Talah, à 69 kilomètres de Gafsa, se trouve une forêt d'acacias gommifères malheureusement très mal entretenue. Les compagnies de chemins de fer ont entrepris, pour la protection de leurs ouvrages d'art, des plantations d'eucalyptus résinières mélangées de pins d'Alep et d'acacia cyanophylla. On nourrit, en Tunisie, une grande quantité de bœufs, de moutons à grosse queue et de chèvres. Les bœufs sont de petite taille, mais bienfaits. Les chevaux, de race arabe, sont petits, quoique solides ; ils sont malheureusement peu nombreux. Le nombre des chameaux est également restreint. Les ânes, très petits, mais très robustes, dominent dans la régence. Les animaux, sauf les chevaux, vivent constamment en plein air. Le droit de pâturage est concédé moyennant une indemnité d'un mou ton ou d'une chèvre pour cent. Malheureusement, les animaux, mal soignés, s'accouplent librement et la race se trouve ainsi abâtardie. De plus, les droits de sortie qui frappent le bétail à l'exportation empêchent les propriétaires de chercher dans l'élevage une source de revenus. L'industrie tunisienne indigène est très rudimentaire ; elle comprend quatre branches : huilerie, tannerie, teinturerie et tissage. Depuis l'occupation de la Tunisie par les Français, il a été créé de grands établissements agricoles, où nos colons ont engagé des capitaux considérables. On a heureusement évité le système officiel des concessions de terres, qui a tant nui au développement de l'Algérie. Les plus grands domaines sont ceux de l'Enfida, de Sidi-Tabet et d'Utique : ces deux derniers sont situes dans la vallée de la Medjerdah, qui est la partie la plus fertile et la mieux cultivée de la régence. On commence à s'occuper d'améliorer les races de chevaux et de bœufs, dont la taille était primitivement très exiguë. La culture de la vigne prend en Tunisie une extension considérable. La grande culture est heureusement presque tout entière entre les mains des Français. Les Italiens, si nombreux dans le pays, ne possèdent aucune propriété rurale et ne s'occupent que de commerce. On a creusé en Tunisie de nombreux puits artésiens vers la région des Chotts, dans le but de fertiliser les terres et de se procurer ainsi l'argent nécessaire aux travaux, qui permettraient de faire venir dans les Chotts l'eau de la Méditerranée et de créer une mer intérieure (projet Roudaire). On a installé à Tunis dès minoteries perfectionnées pour la fabrication des se moules, et de nombreuses huileries, dont quelques-unes à vapeur, traitent les olives et les grignons d'olive. Le sol de la régence est en général constitué par des terrains crétacés, tertiaires ou jurassiques ; elle ne paraît pas très riche en mines; jus qu'à ces derniers temps, les seules mines concédées étaient les gîtes de fer des Nefzas et des Mikhnas. On en tire des hématites rouges ou brunes, tenant de 52 à 60 pour 100 de fer et 2 à 10 pour 100 de manganèse et sans traces nuisibles de soufre, ni de phosphore. On trouve le plomb à l'état de sulfure ou de carbonate à Djebba, dans la vallée de la Medjerdah. A Djebel-Ressas, près de Tunis, une compagnie italienne exploite depuis longtemps une mine de galène et de calamine. Ces deux minerais se rencontrent encore au djebel Bouguernine, au djebel El-Kohol, près de Zaghouan, et au Kanguet-Kef. Entre Béja et Tabarka, de nombreux gîtes de phosphate de chaux ont été découverts au contact du crétacé et de l'éocène sur les deux versants de la chaîne qui, entre Gafsa et la frontière d'Algérie, sépare la région des Hauts Plateaux de celle des Chotts. On exploite à Chemtou, près de Ghardimaou, dans la vallée de la Medjerdah, des carrières de très beaux marbres. L'activité commerciale de la Tunisie a beaucoup augmenté depuis l'établissement du protectorat français. Tunis, Sfax, Sousse, Mehedia, Tabarka, Gabès ont vu rapidement croître leur importance. La Tunisie exporte principalement ses produits en Italie et en Tripolitaine ; puis viennent l'Angleterre, l'Algérie et la France continentale. Les exportations portent sur les huiles d'olive, le blé dur, l'orge, l'alfa, les dattes, les peaux, les éponges. Les points où se produisent les transactions commerciales les plus importantes sont, par ordre d'importance, la Goulette, Sousse. Sfax, Gabès, Djerba, Monastir, Mehedia, Tabarka et Bizerte. Parmi les autres places d'échange, on remarque Ghardimaou, Gafsa, Sidi-Youssef, Babouk. Les importations sont supérieures aux exportations. Les établissements de crédit, si nécessaires au développement du commerce et de l'industrie, commencent à prendre une grande importance et à soustraire les propriétaires indigènes et européens aux exigences des usuriers ; l'intérêt de l'argent a baissé de 12 pour 100 (en 1879, chez les banquiers de Tunis) à 7 pour 100 (Banque de Tunisie, 1885). Les impôts sont de deux sortes en Tunisie : I. Les contributions directes, qui comprennent: 1° l'impôt de capitation ou medjba, payable par les indigènes seuls, à raison de 45 piastres 25 par individu mâle adulte (sont exempts les soldats, les étudiants et les infirmes) ; 2° le kanoun sur les oliviers et les dattiers ; 3° la dîme sur les produits des oliviers ; 4° l'achour sur les céréales, payable en nature ou en argent; 5° les m'radjas (impôts sur les cultures maraîchères, etc.). Les contributions indirectes comprennent : 1° les droits de timbre ; 2° les droits de karoube sur la vente des immeubles ; 3° le produit des monopoles et marchés affermés (sel, chaux, briques, tabac, vente des animaux, etc., etc.); 4° le produit des marchés non affermés; 5° le produit des mahsoulats (impôts sur les produits de la terre autres que le blé et l'orge, etc.) ; 6° les kodous ; 7° les droits de douane à l'importation et à l'exportation. Les douanes tunisiennes admettent en franchise les céréales (blé, orge, maïs, les pierres meulières et les lingots d'or et d'argent). La capitale de la régence est Tunis (170 000 habitants), où il se fait un commerce important : la création du nouveau port y apportera une activité plus grande. Les autres villes sont : la Goulette 6 000 habitants), Bizerte (9 000 habitants), Gabès (9 000 habitants), Mehedia (6 300 habitants), Monastir (8 000 habitants), Sfax (42 000 habitants), Sousse (20 000 habitants), Kaïrouan (26 000 habitants), Gafsa (10 000 habitants). L'instruction publique a toujours été l'objet de la sollicitude des beys. Toutes les localités importantes sont pourvues d'une école primaire arabe. Bizerte, le Kef, Kaïrouan, Sfax, Sousse possèdent des établissements d'instruction secondaire (grammaire, théologie, droit). A la grande mosquée de Tunis est rattachée une sorte d'université où l'on enseigne les lettres, les sciences, le droit et la théologie. Le protectorat a laissé subsister cette organisation, tout en créant un système d'enseignement français qui comprend un certain nombre d'écoles primaires et trois collèges où se donne l'instruction secondaire : le collège Sadiki, le collège Saint-Charles et le collège Allaoui. L'armée tunisienne a été dissoute sauf un bataillon, un escadron et une batterie constituant la garde d'honneur du bey. La division française de Tunisie comprend : 2 régiments et 3 bataillons d'infanterie, 2 régiments de cavalerie, 6 batteries montées, 4 batteries à pied, 2 compagnies du génie. Le réseau ferré comprend les lignes de : Tunis à la Goulette Ariana à la Marsa et la Goulette. Tunis au Bardo. Tunis à Bone. Djedeida à Bizerte. Tunis à Sousse et à Kairouan, avec embranchements sur Menzel-bou-Zelfa et sur Nebel. Sfax à Gafsa. La Tunisie, soumise à Cartilage, forma après la chute de cette colonie phénicienne (146 avant Jésus-Christ.), la province romaine d'Afrique englobée par la Numidie. Jugurtha vaincu, Rome occupa tout le pays, y compris la Mauritanie et la Numidie. Les Vandales, qui avaient envahi le pays en 438, en furent chassés par Bélisaire, et la Tunisie fit partie de l'empire d'Orient jusqu'en 646, époque à laquelle commencèrent les incursions des Arabes. Kairouan, fondée par les musulmans, devint la métropole religieuse et scientifique de l'Afrique. Au XIIIe siècle, les princes de Tunis succédèrent aux khalifes. Tunis fut le but de la dernière croisade et saint Louis y mourut de la peste en 1270. En 1534, Barberousse prit Tunis au nom des Turcs, et à partir du XVIIe siècle la Tunisie fut gouvernée par des beys qui recevaient l'investiture de la Porte. Le pays, ruiné par les prodigalités de Mohammed-el-Sadok (1859-1882), dut aliéner les revenus des impôts entre les mains des Européens pour assurer le service de la dette. Vers 1880, des difficultés s'élevèrent au sein de la commission, composée de Français, d'Anglais et d'Italiens ; ces derniers, cherchant à prendre à Tunis une influence qui eût été gênante pour l'Algérie, qui aurait même compromis la sécurité de cette belle colonie, la régence fut occupée par nos troupes et le traité de Kasr-es-Saïd imposé au bey (12 mai 1881) ; la convention de la Marsa le compléta (8 juin 1881). La dette (150 millions) a été convertie sous notre garantie ; le régime des capitulations a été aboli d'accord avec les puissances ; les lois françaises régissent actuellement les Arabes et les étrangers. Le bey n'est plus qu'un haut fonctionnaire à notre solde soumis au contrôle de notre résident général.
Source : Dictionnaire français illustré des mots et des choses par Larive & Fleury en 1887
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