
Pays |
Dates |
Villes |
Tarif TTC |
|---|---|---|---|
| Billet avion Mexique | Départ le 11/06/12 Retour le 20/06/12 |
paris merida |
1.031€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 22/06/12 Retour le 04/07/12 |
paris chihuahua |
1.038€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 30/05/12 Retour le 04/06/12 |
paris merida |
1.063€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 25/05/12 Retour le 09/06/12 |
paris merida |
1.077€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 22/06/12 Retour le 30/06/12 |
paris veracruz |
1.025€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 02/06/12 Retour le 22/06/12 |
paris guadalajara-mexique |
966€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 15/06/12 Retour le 01/07/12 |
paris guadalajara-mexique |
972€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 04/06/12 Retour le 12/06/12 |
paris ixtapa |
993€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 27/05/12 Retour le 17/06/12 |
paris chihuahua |
996€ |
| Billet avion Mexique | Départ le 18/06/12 Retour le 27/06/12 |
paris villahermosa |
1.088€ |




MEXIQUE République du) - 1 987 324 kilomètres carrés, 13 545 500 habitants,, vaste contrée du SUD-OUEST de l'Amérique du Nord, composée en grande partie d'un immense plateau aride et sablonneux, comprise entre 15° et 32° 43' 31" de latitude Nord ; entre 89° 8' 53" et 119° 28' 44" de longitude Ouest Le Mexique est borné à l’Est par le golfe du Mexique, au Sud-est par le Honduras anglais et le Guatemala, au Sud et à l’Ouest par l'océan Pacifique, au Nord par les États-Unis d'Amérique dont le sépare une ligne sinueuse idéale qui part de l'embouchure du Rio Grande del Norte dans le golfe du Mexique et joint la côte de l'océan Pacifique un peu au-dessus de la presqu'île de Californie. Côtes, presqu'îles, caps, îles, golfes, baies. — Le développement des côtes sur le golfe du Mexique est de 2 600 kilomètres, et sur l'océan Pacifique, en tenant compte du littoral du golfe de Californie, il est de 6 200 kilomètres au moins. La côte orientale, plage basse, sablonneuse et bordée de lagunes, se creuse en un vaste demi-cercle qui forme le golfe du Mexique, au fond duquel se développe la baie de Campêche, bordant la presqu'île de Yucatdn, terminée sur l'Atlantique par le cap Catoche. La côte occidentale, plus élevée et plus saine, détache au NORD-OUEST la longue presqu'île de Californie, à l'extrémité de laquelle se dresse le cap San Lucas et qui forme un golfe étroit, le golfe de Californie, tandis que se creuse, à la hauteur de l'isthme de Tehuantepec rattachant le Mexique à l'Amérique centrale, le golfe de Tehuantepec. Sur la côte orientale, on rencontre les petites îles del Madré Austral, de Tamiahua et de Terminas dans la rade de Campèche, et, à l’Est de la presqu'île de Yucatan, Vile Cozumel ; sur la côte occidentale, dans le golfe de Californie, les îles Guarda, del Carmen, San José, Espiritu Santo, de Cerratoo ; plus au Sud, dans le Grand Océan, les Trois-Maries, et l'ile Cedros, dans la baie de San Sébastian Viscaino, à l’Ouest de la presqu'île de Californie. Le cap Corrientes, sur le Grand Océan, ferme la baie de Banderas. Aspect général. — Le plateau qui constitue le Mexique est de forme triangulaire, large de 1000 kilomètres au Nord et diminuant de largeur à mesure qu'il se prolonge au Sud, de sorte qu'à l'isthme de Tehuantepec, où il finit, il n'a plus que 200 kilomètres La partie septentrionale, renfermant quelques lacs salés et couverte de sables mêlés à des efflorescences salines, porte le nom de plateau de Chihuahua ; au Sud de celui-ci, le plateau d'Anahuac, plus élevé et plus fertile, présente une alternative continuelle de montagnes, de vallées profondes et de plaines. A droite et à gauche, le plateau mexicain est bordé par deux régions basses, marécageuses, couvertes d'une végétation luxuriante, mais très chaudes et très malsaines : l'une, à l’Est, est baignée par le golfe du Mexique ; l'autre, à l’Ouest, par l'océan Pacifique. C'est dans cette dernière que se trouve le port d'Acapulco, qui passe pour être un des lieux les plus chauds du monde. La zone maritime orientale a reçu le nom de Terre chaude (Tierra caliente) ; en marchant vers l’Ouest, on arrive dans une région où la température, presque toujours la même, est celle d'un printemps éternel : c'est la Terre tempérée (Tierra templada). On entre ensuite dans la Terre froide (Tierra fria), dont la température moyenne rappelle celle de l'Italie. Orographie. — La masse centrale du plateau mexicain se compose principalement de porphyre trachytique, et, en beaucoup d'endroits, elle est très riche en veines argentifères. De nombreux cratères éteints constatent l'action volcanique ; des dépôts calcaires reposent sur les pentes, et le grès se montre à une médiocre élévation au- dessus des plaines sédimenteuses du littoral. De grands pics neigeux se dressent au sein de chaînes de montagnes dont les principales sont : la Sierra Madre et la Sierra de Sonora au NORD-OUEST ; la Sierra de Guadalupe, la Sierra Diabolo, la Sierra de Coahuila et la Sierra de Potosi, au NORD-EST Une ligne de volcans traverse l'Anahuac ; les plus remarquables et les plus connus sont : le Popocatepell (la Montagne fumante), l'Ixtaccihuatl (la Femme blanche), le Citlaltepetl (le mont de l'Etoile) ou pie d'Orizaba, le Nauhcampatepetl (le mont à Quatre Arêtes), appelé aussi cofre de Perote, enfin le Nevado de Toluca. Hydrographie. — A l'exception du Rio Grande del Norte, qui forme sa limite au NORD-EST, le Mexique manque de cours d'eau un peu importants ; les principaux sont : le Rio Conchos, le Rio Sabinas et le Rio San Juan, affluents de droite du Rio Grande del Norte ; le Rapido, le Tampico, le Panuco, le Tabasco, tributaire du golfe du Mexique ; le Grand Colorado de l’Ouest, le Yaqui, la Cinaloa, le Saucedo, le Rio Grande de Santiago ou Tolototlan, le Zacatula, le Yopez, le Verde, qui portent leurs eaux au Grand Océan. Il existe, en outre, un assez grand nombre de lacs, dont plusieurs reçoivent des cours d'eau ; ce sont d'abord les six nappes d'eau de la vallée de Mexico, dont la plus grande est le Tezcuco ; viennent ensuite : le lac de Chapala, le plus grand lac de la république mexicaine ; les tacs de Patzcuaro et de Cuitzeo. Climat. — Le climat du Mexique est tropical et l'année s'y partage en deux saisons : la saison des pluies (tiempo de aguas) et la saison sèche (tiempo de secas). Mais la configuration physique du pays et l'élévation de ses plateaux intérieurs modifient considérablement les conditions climatériques, en sorte qu'on y éprouve toutes les températures : à la Vera Cruz, le thermomètre marque pendant huit à neuf mois de l'année de 25° à 27° centigrades, et ne descend jamais pendant l'hiver au-dessous de 16° ; à Mexico, en Terre froide, la température moyenne annuelle est de 16° ; celle de l'été est de 19° et celle de l'hiver de 13°. Toluca a un climat hivernal un peu plus rude, car le thermomètre y descend à 10°. En résumé, à l'exception des Terres chaudes, le Mexique est un pays très sain. Productions minérales. — La république mexicaine possède de nombreuses mines d'argent : elle est actuellement le plus grand centre de production de ce métal ; on recueille aussi une certaine quantité d'or provenant en grande partie des mines d'argent. Les dépôts de cuivre sont très abondants ; on en trouve dans presque tous les Etats, notamment dans ceux de Chihuahua, de Durango, de Zacatecas, de San Luis Potosi, de Jalisco, de Michoacan et de Vera Cruz. Les gisements d'oxyde de fer ne manquent pas non plus, et l'on exploite l'oxyde d'étain dans l'État de Durango. Il y a aussi du plomb et du zinc ; enfin on ramasse le soufre dans les cratères des volcans, en particulier dans celui du Popocatepetl. On trouve du sel dans les lagunes situées entre Zacatecas et San Luis Potosi, et, sur le littoral des deux océans, on le retire de l'eau de mer. L'alun se rencontre en divers endroits. Les terres à poterie et le kaolin sont remarquables par leur abondance et leur plasticité ; le carbonate de soude est extrait des eaux de quelques lacs. Productions végétales. — Le voyageur qui descend des hauts plateaux vers la côte traverse les régions les plus variées, passe brusquement par plusieurs climats et voit succéder aux plantes et aux végétaux des pays tempérés ceux qui prospèrent sous les tropiques, depuis les forêts de sapins et de chênes jusqu'aux palmiers et aux champs de cannes à sucre. Les Terres chaudes produisent le sucre, le café, l'indigo, le nopal qui nourrit la cochenille, le coton, la vanille, le baume de Tolu, le jalap, la salsepareille, le tabac, le manioc ; le maïs, qui est le principal élément de la nourriture des Mexicains ; l'igname, la patate, le piment. Au nombre des principaux fruits de cette même région on compte les bananes, l'ananas, les oranges et les limons, la goyave, la sapotille, etc. Dans les Terres tempérées, on récolte le maïs, le blé, l'orge, le seigle, la tomate, la cacomite dont l'oignon donne de la fécule, les légumes et les fruits de l'Europe. La vigne et l'olivier sont cultivés dans cette zone où le chêne, le pin, le frêne, le cyprès, le cèdre et le bouleau sont les principales essences forestières. Les Terres froides donnent la pomme de terre, l'oca, le quinoa, le magay, variété d'agave qui sert à faire le pulque, boisson nationale des Mexicains. Faune. — Comme la végétation, la faune varie suivant les altitudes. Dans les Terres chaudes habitent le jaguar, le couguar ou puma, de nombreuses espèces d'oiseaux, de serpents, d'insectes venimeux et de moustiques. On rencontre l'ours, le loup, le bison, le bœuf musqué, les cerfs et l'élan dans les Terres tempérées, et dans les Terres froides, où se trouvent aussi le dindon et le canard dit de Barbarie, originaires du Mexique, ainsi qu'une fourmi mellifère et des hémiptères aquatiques dont les œufs servent à faire une sorte de pain. Parmi les curiosités de la faune mexicaine, nous mentionnerons Vaxolotl, reptile qui n'existe que dans les eaux du lac salé de Tezcuco ; c'est un batracien, moitié lézard, moitié poisson, muni de quatre pattes palmées et d'une queue aplatie ; les Indiens se nourrissent de sa chair, qui est saine et savoureuse. Le requin et la raie sont très communs sur les côtes et dans les estuaires ; on pèche des perles dans le golfe de Californie et dans le golfe du Mexique. Les animaux domestiques de l'Europe, introduits au Mexique, s'y sont considérablement multipliés : une multitude de bêtes à cornes sont nourries dans les pâturages du plateau et du versant oriental, et d'immenses troupeaux de chevaux sauvages errent dans les prairies du haut Mexique ; on élève aussi de beaux mulets, si utiles pour les transports dans ce pays dépourvu de routes, ainsi que des moutons de race grossière et des porcs. Population, langues, religion. — La population mexicaine, dont nous avons donné plus haut le chiffre, comprend quatre éléments principaux : les blancs, les aborigènes ou Indiens, les nègres, les métis. La population blanche se compose d'Espagnols, les uns nés dans le pays (créoles), les autres venus d'Espagne, puis d'immigrants européens, en majorité Italiens, et enfin d'Américains des États-Unis. La race indigène, d'un type identique à celui des Peaux-Rouges des rives du Mississipi, constitue la moitié environ des habitants du Mexique. Elle se subdivise en un grand nombre de peuplades, parmi lesquelles les plus importantes sont les Aztèques, répandus sur tout le plateau ; les Tarascas, dans le Michoacan ; les Mayas, sur le versant oriental et dans la presqu'ile de Yucatan ; les Apaches, encore sauvages, dans le haut Mexique. L'élément nègre est peu nombreux. Il comprend les mulâtres et les zambos (métis de nègres et d'Indiens). Les métis ou mestizos, issus du mélange des blancs et des Indiens, se sont considérablement multipliés ; ils s'adonnent surtout au commerce et forment une classe très importante de la nation. La langue espagnole est la langue officielle et celle que parlent les blancs et les mestizos. Parmi les cent vingt idiomes environ et appartenant tous à la classe des langues polysynthétiques, en usage chez les Indiens, nous nous contenterons de mentionner la langue aztèque ou nahuatl, qui est la plus répandue ; le maya ou yucatcque, parlé dans le Yucatan, et le tzendal, usité dans le Chiapas. A l'exception des Indiens sauvages, toute la population du Mexique est catholique ; toutefois les Indiens civilisés ont conservé tous les souvenirs de leur antique religion dont ils pratiquent en secret certains rites ; ils vénèrent encore leurs anciennes idoles, qu'ils ont enfouies dans leurs champs afin de les rendre fertiles. Industrie, agriculture et commerce. — L'industrie mexicaine est encore à l'état rudimentaire, quoique depuis quelques années le pays ait accompli de grands progrès dans ce sens ; mais il lui reste encore beaucoup à faire, surtout pour ce qui concerne la grande industrie. Toutefois les Indiens aborigènes, ainsi que le constatait de Humboldt au commencement de ce siècle, ont un talent inné d'imitation et une grande facilité à apprendre ce qu'on leur enseigne. La fabrication des figures de cire constitue une industrie populaire aux mains des Indiens, qui font, en outre, des objets d'orfèvrerie et des broderies sur le cuir et sur le drap. Quant à l'industrie agricole, elle est fort arriérée, la propriété foncière constituant, sous le non d'haciendas de campo, des domaines trop vastes pour qu'il soit possible aux propriétaires de les cultiver sérieusement. L'exploitation des mines est, en réalité, la seule industrie nationale. Le commerce d'exportation consiste en métaux précieux (argent et or), cuivre, plomb, bois, peaux, animaux vivants, nacre, perles, laine, café, vanille, tabac, caoutchouc, sucre, miel, fruits, indigo, grains, maïs, cacao. Les voies ferrées principales sont celles de Mexico à Vera-Cruz, long. 424 kilomètres, et la ligne qui traverse l'isthme de Tehuantepce pour unir le Pacifique au golfe du Mexique. Divisions administratives. — Le Mexique est divisé en-27 provinces ou États, auxquels s'ajoutent le District fédéral et un Territoire ; en voici la nomenclature : I. — Etats de la frontière du Nord : 1. Sonora ; 2. Chihuahua ; 3. Coahuila ; 4. Nuevo Leon. II. — Etats du golf de Mexxique : 5. Tamaulipas ; 6. Vera Cruz ; 7. Tabasco ; 8. Campêche ; 9. Yucatan. III. — Etats du pacifique : 10. Sinaloa ; 11. Jalisco ; 12. Colima ; 13. Michoacan ; 14. Guerero ; 15. Oajaca ; 16. Chiapas. IV. — Etats du centre : 17. Durango ; 18. Zacatecas ; 19. Aguas calientes ; 20. San Luis Potosi ; 21. Guanajuato ; 22. Queretaro c; 23. Hidalgo ; 24. Mexico ; 25. Morelos ; 26. Puebla ; 27. Tlaxcala ; 28. District ; 29. Territoire de la Basse-Californie. La capitale du District fédéral et de la république est Mexico ; les autres villes importantes sont : Léon de las Aldamas (État .de Guanajuato), Guadalajara (État de Jalisco), Puebla, Cuernavacà (État de Morelos) et Guanajuato.(tableau). Gouvernement. — La constitution qui régit la Confédération mexicaine a été promulguée le 5 février 1857. Le pouvoir suprême de l'État est partagé entre trois corps indépendants : 1° le pouvoir législatif (congrès), 2° le pouvoir exécutif (président et ministres), 3° le pouvoir judiciaire. — Congrès. Le Congrès se compose de deux Chambres : le Sénat et la Chambre des députés. Les députés, au nombre de 227, sont élus par le peuple dans les différents États pour une période de deux ans, et ils sont rééligibles. Les sénateurs, au nombre de 36, sont élus pour quatre ans ; chaque État envoie deux sénateurs au Sénat. La capitale en envoie deux aussi. Les Chambres nomment chaque mois leur président. Histoire et mœurs. — Les événements historiques qui s'accomplirent au Mexique avant la conquête espagnole ne nous sont encore que très imparfaitement connus. Les seules sources auxquelles peuvent puiser les auteurs modernes sont les anciennes traditions indigènes et les rares manuscrits échappés à la destruction par le feu qui fut consommée par l'ordre du premier archevêque de Mexico. Voici ce qu'il y a de plus probable dans l'histoire du Mexique antérieure à la conquête. Vers le commencement du VIIe siècle de notre ère, la tribu des Toltèques, émigrée du NORD-OUEST de l'Amérique, vint s'établir dans. l'Anahuac, région correspondant au plateau central du Mexique. Elle y fonda avec le temps un État florissant et d'où la civilisation rayonna dans tout le Mexique, dans le Guatemala, le Honduras et le Yucatan. Les érudits de nos jours s'accordent généralement pour attribuer aux Toltèques les diverses civilisations américaines qui s'épanouirent dans la zone moyenne du nouveau continent. Les Toltèques étaient un peuple doux, ignorant les sanglants sacrifices humains en usage chez les Mexicains conquis par Fernand Cortez. Ils adoraient des divinités, qui étaient les personnifications des phénomènes de l'atmosphère ou des astres. Leur Panthéon se composait de 13 grands dieux et de plus de 200 dieux secondaires. Au nombre de ces êtres divins se trouvaient en première ligne : Tlaloc, dieu de la pluie, Quetzalcoatl, ou le serpent emplumé, dieu du vent et de la sagesse, et Huitzilopochtli, dieu des orages, du soleil, qui était en même temps le féroce dieu de la guerre chez les Aztèques, et que l'on représentait sous la forme d'un colibri. Nous ne mentionnons que les divinités de premier ordre. Les Aztèques les adoraient dans des temples, ou téocalli, immenses pyramides quadrangulaires dont quelques-unes ont subsisté jusqu'à nos jours, et sur la terrasse supérieure desquelles était érigé l'autel de la divinité. Les Toltèques avaient un génie artistique naturel très développé. Chez eux, les arts et l'industrie avaient pris un grand essor. La poterie, l'orfèvrerie, la bijouterie donnaient des produits remarquables. Ils savaient tisser et teindre des étoffes superbes, composaient des ornements très originaux au moyen de plumes d'oiseaux, façonnaient et sculptaient le bois de façon à garnir les habitations de très beaux meubles ; ils avaient des miroirs en pierre brillante ou en métal, des couteaux en obsidienne, des cuillers, etc. Ils faisaient usage de parfums. Les Toltèques étaient aussi de très habiles architectes qui mettaient en œuvre simultanément la pierre, la brique, le ciment et le bois. Ils étaient parvenus à un haut degré de moralité. Leurs mœurs étaient pures et sévères, et la monogamie régnait chez eux sans partage. Ils conservaient le souvenir des anciens événements au moyen d'hiéroglyphes ou de cordons de diverses couleurs, auxquels on faisait des nœuds de différentes formes. Ils possédaient de véritables manuscrits en toile de coton, en peau, en papier fabriqué avec des feuilles d'aloès assemblées. Leurs connaissances astronomiques avaient déjà atteint une certaine précision. Ils avaient une année de 365 jours ; ils la partageaient en 18 mois de 20 jours chacun, et, pour la parfaire, ils ajoutaient, comme dans notre calendrier républicain français, 5 jours complémentaires et 6 tous íes 4 ans dans les années bissextiles. Le mois comprenait 4 semaines de 5 jours chacune. Les prêtres avaient un calendrier spécial et des annales particulières. Cinquante-deux années formaient un siècle. L'agriculture était en grand honneur chez les Toltèques, qui cultivaient surtout le maïs. Ils avaient des vases, des statues et des meubles d'argent, de plomb et d'étain ; le fer leur était inconnu, et ils le remplaçaient soit par des haches et des couteaux d'obsidienne, soit par des outils fabriqués avec un alliage de cuivre et d'étain. Ils savaient sculpter la pierre et possédaient un sentiment artistique très développé, quoique les statues qui sortaient de leurs mains ne fussent point dépouillées d'un certain caractère de barbarie. Le régime politique des Toltèques n'était point la féodalité, comme on l'a prétendu à la suite d'un examen trop superficiel. C'était celui des Clans, et tous les membres de chacune de ces communautés cultivaient en commun une portion déterminée du territoire. Il semble que le régime des castes ait existé parmi eux, du moins, ordinairement, le fils embrassait la profession paternelle. En raison de tous ces faits, on s'accorde aujourd'hui à considérer les Toltèques comme les initiateurs de la civilisation américaine. Leur capitale était Tula ou Tullan, située à 16 lieues au Nord de Mexico. Après avoir duré environ quatre siècles, l'empire des Toltèques s'abîma, et disparut à la suite de famines et de guerres malheureuses soutenues contre les tribus barbares qui les environnaient. Cette population civilisée émigra de l'Anahuac, et, se partageant en deux bandes dont l'une longea les côtes de l'Atlantique et l'autre celles du Pacifique, alla fonder dans l'Amérique centrale et dans le Yucatan des États où s'élevèrent des cités florissantes : Palenque, Uxmal, etc., dont nous contemplons aujourd'hui les ruines grandioses. Environ un siècle après que les Toltèques eurent abandonné le plateau de l'Anahuac, celui-ci fut occupé définitivement vers 1117 par les Chichimèques, venus aussi du NORD-OUEST, et par les Alcohues. Bien moins avancés et bien moins doués que les Toltèques, les Chichimèques étaient, en comparaison de ces derniers, de véritables barbares. Néanmoins, ils s'étaient pénétrés dans une certaine mesure de la civilisation des Toltèques ; ils avaient adopté la plupart de leurs institutions et leur théogonie. Les Alcohues s'étaient fixés sur la rive orientale du grand lac de Tezcuco, près de l'endroit où s'éleva plus tard la ville de Tenochtitlan, aujourd'hui Mexico. Nous ignorons la série des révolutions qui mirent fin à la domination des Chichimèques. On présume seulement que ce fut pendant le cours du XIIIe siècle qu'ils furent conquis par les Aztèques, tribu congénère également descendue du NORD-OUEST de l'Amérique septentrionale. Les Aztèques héritèrent en partie des institutions et des mœurs des peuples qui les avaient précédés sur le sol mexicain ; mais ils conservèrent toujours une férocité native, et quoique pénétrés à un certain degré par les civilisations antérieures, ils ne se débarrassèrent jamais de leurs instincts sanguinaires ni du cannibalisme religieux. Ils errèrent d'abord en nomades dans l'Anahuac ; des guerres heureuses leur soumirent peu à peu les différentes peuplades de cette région. Ils finirent par s'y fixer, et, en 1325, ils fondèrent sur la rive Sud-Ouest, du lac de Tezcuco la grande ville de Tenochtitlan, qui est devenue Mexico. Ces Aztèques étonnèrent les Espagnols par la prodigalité avec laquelle ils immolaient à leurs dieux des victimes humaines. Les anciennes divinités des Toltèques et des Chichimèques étaient devenues les leurs ; ils honoraient surtout d'un culte particulier Huitzilopochtli, le dieu de la guerre, auquel ils immolaient chaque année de 20 000 à 50 000 victimes choisies parmi les prisonniers de guerre. En 1486, à l'occasion de la dédicace du grand temple de Mexico, 70 000 captifs furent, assure-t-on, immolés. On couchait la victime sur l'autel du terrible Huitzilopochtli, le grand prêtre lui ouvrait le ventre avec une lame d'obsidienne, en arrachait le cœur encore palpitant et l'offrait en hommage à l'idole ; puis on dépeçait le corps et on en distribuait les lambeaux au peuple, qui s'en repaissait. Tel était l'état social du Mexique quand Fernand Cortez, avec 650 Espagnols seulement, vint faire la conquête de cette vaste région. Les envahisseurs ne surent point tirer parti des germes de civilisation laissés par les Toltèques, et, sous leur domination, le Mexique tomba dans un état d'abjection et de marasme dont il a eu tant de peine à sortir. Montézuma était souverain du puissant empire du Mexique quand Fernand Cortez, par la ruse et la violence, s'empara de ce pays (1519-1521). C'est alors que fut créée la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne ; la métropole l'exploita uniquement à son profit, ne s'attacha qu'à l'extraction des métaux précieux, et livra le pouvoir aux seuls Espagnols d'Europe, écartant de l'administration les créoles, et surtout les indigènes. Cet état de choses se prolongea jusqu'en 1810, date à laquelle le curé Hidalgo, secondé par quelques capitaines créoles, jeta le premier cri de révolte et réunit en quelques jours sous sa bannière 40 000 Indiens. Alors commença une lutte inégale dans laquelle périrent la plupart des chefs des révoltés : Hidalgo (1811), Miguel Bravo, Matamoros, Morelos (1815), Bustamante, Guerrero, Nicolas Bravo, Rayon, Teran, Mina (1817). Enfin, en 1821 (24 février), le général espagnol Iturbide, se joignant aux insurgés, proclama l'indépendance du Mexique, qui ne fut reconnue par l'Espagne qu'en 1836. Nommé empereur en 1822, Iturbide ne tarda pas à être renversé, puis chassé et enfin fusillé, quand il tente de rentrer. A cet essai de monarchie succéda la république, tantôt fédérative, tantôt unitaire, suivant le parti qui était au pouvoir. Pendant quarante ans, le Mexique s'est débattu au sein de l'anarchie, et un grand nombre de présidents se sont succédé à la tête de la république. En 1838, et pour terminer de longs différends, la France envoya une expédition qui bombarda le fort Saint-Jean-d'Ulloa et s'empara de la Vera Çruz ; en 1846-1847, les Américains des Etats-Unis occupèrent plusieurs provinces et jusqu'à Mexico, et ne se retirèrent qu'après avoir obtenu, par le traité de la Guadalupe (1848), la cession du Nouveau-Mexique, du Texas et de la Nouvelle-Californie. En 1861, la suspension du payement de la dette extérieure provoqua la rupture du Mexique avec la France, l'Angleterre et l'Espagne ; mais les profonds dissentiments qui existaient entre les alliés ne tardèrent pas à amener le départ des forces anglaises et espagnoles. Les premières troupes françaises étaient débarquées au commencement de 1862, et la lutte, que Juarez soutint avec beaucoup d'énergie et au cours de laquelle l'archiduc Maximilien d'Autriche fut proclamé empereur du Mexique, se prolongea jusqu'au rembarquement du corps expéditionnaire (1866-1867). Après le départ des Français, Juarez assiégea Maximilien dans Queretaro, le fit prisonnier, condamner à mort et fusiller (1867), et fut réélu président la même année. Elu encore en 1871 et pour la troisième fois, il est mort subitement en 1872, et il a eu pour successeurs le général Manuel Gonzalez, sous la présidence duquel les relations politiques ont été renouées avec la France (1882), puis le général Porfirio Diaz, élu en 1884 et nommé président à vie en 1890.
Source : Dictionnaire français illustré des mots et des choses par Larive & Fleury en 1887
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