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Billet avion Chine : historique des transactions

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Billet avion Chine Départ le 06/07/12
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Billet avion Chine Départ le 24/05/12
Retour le 29/05/12
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Billet avion Chine Départ le 29/06/12
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Découverte! Autrefois... la Chine

CHINE - 5 300 000 kilomètres carrés, 410 000 000 habitants, région de l'Asie orientale, formant la partie la plus importante de l'empire chinois. Sa superficie égale environ dix fois celle de la France. A l’Est et au Sud-Estelle se termine aux dépendances de l'océan Pacifique désignées sous les noms de golfes do Petchili, mer Jaune, mer de Chine. Elle a pour limites au Sud le golfe du Tonkin, le Tonkin, la Birmanie. A l’Ouest, elle est dominée par le gigantesque plateau du Tibet. La Mongolie, dont elle est séparée sur une étendue considérable par la Grande Muraille, forme sa frontière septentrionale. La Chine est presque exactement circulaire. Prise dans son ensemble, elle constitue un immense plan incliné dont la pente est dirigée de l’Ouest à l’Est Son sol va en s'abaissant depuis les hautes cimes qui forment le bourrelet oriental du Tibet jusqu'au Pacifique. Ces monts neigeux émettent de puissants contreforts comparables au moins aux Alpes de l'Europe et dont les massifs et les plateaux couvrent toute la partie occidentale du pays. De là descendent les grands fleuves qui arrosent la Chine et la traversent de l’Ouest à l’Est Les deux principaux sont le Hoang-ho ou Fleuve Jaune et le Yang-tsé-Kiang ou Fleuve Bleu. Si on leur ajoute le Péi-ho du Nord-Est, qui coule dans la plaine de Pékin, et le Si-Kiang du S., qui passe à Canton, on aura les principaux cours d'eau de la Chine. Toutefois il faut encore mentionner l'lravadi, la Salouen, le Mékong, fleuves de l'Indo-Chine, dont le cours supérieur traverse le Yunnan au Sud-Ouest Le Hoang-ho descend du plateau du Tibet et parcourt la Chine septentrionale ; sa longueur n'est pas moindre de 3 500 kilomètres et, dans la partie moyenne de son cours, franchissant la Grande Muraille, il forme une immense boucle dans laquelle est compris le grand désert des Ordoss, appartenant déjà à la Mongolie. Son bassin, constitué par de nombreux et puissants affluents, a trois fois l'étendue de la France. C'est le pays de la Terre jaune, ainsi appelé des alluvions d'une épaisseur de plus de 30 mètres qui forment le fond des vallées et le sol des plaines. Ces alluvions reposent immédiatement sur des couches de houille ou d'anthracite. Délayées par l'eau des pluies et des rivières, elles communiquent aux flots de celles-ci la teinte d'or qui a valu au Hoang-ho son nom si caractéristique. Ces alluvions constituent des terres d'une étonnante fertilité, et qui n'ont jamais besoin d'engrais pour produire d'abondantes moissons. Aussi, toutes les vallées de ce grand bassin sont-elles fort peuplées. Quand il a dépassé la région des montagnes et qu'il entre dans la vaste plaine de l’Est de la Chine, le Hoang-ho se distingue de la plupart des fleuves par son cours changeant : autrefois il se jetait dans la mer Jaune au Nord de Changhaï ; actuellement il va porter ses eaux dans le golfe de Petchili. II cause souvent, dans tout ce bas pays, des inondations désastreuses suivies de famines qui dépeuplent la contrée. Le Yang-tsé-Kiang, le troisième ou le quatrième fleuve de la terre pour le volume de ses eaux, naît, comme le Hoang-ho, dans le Nord-Est du Tibet et traverse dans des cluses profondes toute la région des montagnes. Il a son cours de l’Ouest à l’Est et partage la Chine en deux parties sensiblement égales. Il a une longueur de 4 800 kilomètres et reçoit une foule de puissants affluents qui font de son bassin la région la plus productive de la Chine, surtout pour le thé, le coton et la soie. Dans la partie inférieure de son cours, il communique avec de nombreux lacs et des marais reliés entre eux par une infinité de canaux. La population est si dense dans la vallée principale et dans les vallées tributaires, qu'une partie des habitants sont obligés de vivre dans des jonques amarrées sur les cours d'eau. La fertilité du territoire est encore plus grande que celle du bassin du Hoang-ho. Les alluvions y atteignent jusqu'à 300 mètres d'épaisseur. Une chaîne de montagnes, le Pé-ling, limite au Nord le bassin du Yang-tsé-Kiang, et une autre chaîne, le Nan-ling, le sépare du bassin du Si-Kiang. Ce dernier fleuve traverse la partie montagneuse du S. de la Chine ; les districts situés sur sa rive droite jouissent d'un climat tropical. On peut partager la Chine en trois régions physiques assez distinctes : I. La région de l’Ouest., très montagneuse et couvrant toute la pente orientale du plateau tibétain. Elle comprend les provinces de Chan-si, de Chin-si, de Kansou, de Setchouen, de Koéitcheou et de Yunnan. Elle est très froide vers le Nord-Ouest où se dressent des montagnes aux neiges éternelles. Aussi, sa population est-elle relativement peu nombreuse ; elle y est, en outre, fort disséminée. La principale richesse de ce pays est de nature minérale et consiste en houille, en mines d'or, d'argent, de cuivre, de fer et d'étain. Lorsque, pour une cause ou pour une autre, le riz, principale nourriture des habitants, n'y peut être transporté, de terribles famines déciment les habitants. — II La région de la plaine ou de l’Est de la Chine. Elle comprend les provinces de Petchili, de Chan-toung, de Kiangson, de Nganhoei, de Houan, de Houpé, de Tchekiang, de Kiang-si, de Fokien et la moitié septentrionale de la province de Hounan. C'est la portion la plus arrosée du territoire chinois : des rivières au cours indécis, des canaux innombrables, des marais, des lacs découpent sa surface. Il y a cependant des districts et des provinces entières, comme le Chan-toung, le Tchekiang, le Fokien où le relief du sol est considérable et constitue même d'importants massifs de montagnes. — III. La Chine du Sud ou subtropicale, formée par la moitié méridionale du Hounan, par le Kouang-toung et le Kouang-si, et dont le Si-Kiang est le fleuve principal. C'est un pays montueux et ondulé qui produit en abondance le thé, le riz, les mûriers et les fruits des régions tempérées et de la zone torride. En raison de sa position sur le bord oriental de l'ancien continent, la Chine possède un climat excessif, particulièrement dans la grande plaine du Nord-Est jusqu'au Yang-tsé-Kiang. Le froid y est très rigoureux en hiver et la chaleur excessive en été. Les vents secs et glacés de la Sibérie produisent, à Pékin, sous le 40° degré de latitude, une température hibernale comparable à celle des hivers de Pétersbourg, et en été la chaleur est assez forte pour que le coton puisse mûrir ses graines aux environs de la capitale chinoise. Au S. du Yang-tsé-Kiang, le vent du Sud-Ouest, venant du Bengale et de l'Indo-Chine, apporte, de mai à septembre, des chaleurs aussi fortes que celles de l'Hindoustan ; mais, pendant le mois de janvier, les vents desséchés du Nord occasionnent même à Canton de légères gelées. Les typhons, dont la violence cause tant de naufrages et des désastres épouvantables sur terre, sont le seul fléau météorologique de la Chine méridionale. La géologie de la, Chine n'est que très imparfaitement connue ; mais la présence de la houille dans la plupart des provinces, et ce que l'on sait de la composition minéralogique des montagnes, autorisent à croire que les terrains cristallins et primaires dominent dans le pays, abstraction faite des alluvions considérables signalées dans les vallées. La Chine manque de forêts et de pâturages, si ce n'est sur le penchant oriental du plateau du Tibet qui possède une luxuriante végétation arborescente et des sur laces gazonnées où paissent des moutons en nombre considérable. Par contre, les arbustes de consistance ligneuse sont représentés par quantité d'espèces qui ont été importées en Europe et au nombre desquelles on compte le laurier-rose, le myrte, le camellia, le jasmin, l'azalée, la glycine. Les espèces de conifères abondent dans la flore chinoise, et les arbres à feuilles caduques, tels que tilleuls, frênes, sycomores, érables, se voient aussi de toutes parts. On en peut dire autant des chênes ; mais ce qui donne à la Chine un caractère spécial, ce sont les nombreuses espèces de bambous utilisées par l'homme de mille manières. Parmi les plantes importées par la culture, on mentionne le coton et la canne à sucre. L'amandier, le pêcher, l'abricotier, le chanvre, sont originaires du pays. On est loin de connaître tous les animaux originaires de la Chine. Des documents irrécusables prouvent que le rhinocéros, l'éléphant, le tapir, ont vécu autrefois dans les régions méridionales de cette contrée ; aujourd'hui, dans l'intérieur, on ne trouve plus que de rares espèces sauvages. Néanmoins il existe encore des singes, des tigres, des panthères. Des espèces variées de tortues, de sauriens, d'ophidiens, de salamandres, sont particulières à la Chine. La faune ornithologique du pays est d'une grande richesse. Un fait qui mérite d'être noté, c'est que les poissons diffèrent complètement de ceux qui vivent en Europe sous la même latitude. La Chine est un pays essentiellement agricole : la partie septentrionale de la plaine se couvre de riches moissons, de coton, de millet, de sorgho. La zone du milieu, c'est-à-dire le bassin du Yang-tsé-Kiang, produit surtout du riz, du thé, de la soie. Les localités qui appartiennent à la zone tropicale donnent tous les fruits propres aux climats les plus chauds. Les Chinois ont su tirer parti des eaux qui arrosent la plaine de l’Est Ils les ont ensemencées de macres, de sagittaires, de nénufars dont ils mangent les fruits ou les racines. A ces ressources végétales ils ajoutent celles qu'ils tirent de l'élevage des porcs, des canards, d'une race de chiens qui ont cessé d'être carnivores. Les Chinois mangent jusqu'aux rats et aux souris. La population trouve d'abondantes ressources alimentaires dans la pisciculture qui, dans aucune autre région du globe, n'use de procédés aussi perfectionnés. Quoique fort en honneur en Chine, l'agriculture, depuis un certain nombre d'années, y est en état de décadence. Cependant les arrosages à. la main, les irrigations par canaux et rigoles y sont pratiqués sur la plus large échelle. Tous les engrais y sont recueillis et utilisés avec intelligence. La population de la Chine appartient à la race jaune. On la présentait autrefois comme le type des Mongols ; mais il n'en est pas exactement ainsi, et des différences assez tranchées séparent ces deux types de l'humanité. Les Chinois ont les pommettes saillantes, le nez écrasé, les orbites des yeux disposées obliquement. Ils se rasent la tête, n'y conservant sur le sommet qu'une longue mèche de cheveux. Cette coutume est assez récente. La tyrannie de la mode a fait que les femmes des classes supérieures s'emprisonnent les pieds dans des chaussures de plus en plus étroites qui produisent l'atrophie des membres inférieurs. La population chinoise a notablement diminué vers 1850 par suite des guerres civiles et des famines ; mais elle reprend de nos jours un grand accroissement. Les villes chinoises se ressemblent toutes. Ce sont des agglomérations de petites cases en bambou et en autres bois légers tapissées intérieurement de papier. Ces villes sont entourées de faubourgs interminables. Un grand nombre d'entre elles comptent de 500 000 à 2 millions d'habitants. Toutes ont une forme carrée ou rectangulaire, et sont enfermées dans des remparts flanqués de tours de distance en distance. Habituellement, chaque grande agglomération forme deux villes distinctes : l'une chinoise, où réside la population indigène, et l'autre tartare, spécialement affectée à la garnison et aux fonctionnaires ; chacune a son enceinte particulière. Les Chinois aiment à entasser leurs demeures les unes contre les autres. Les villages de 50 000 à 100 000 habitants, ne sont pas rares en Chine. Les habitations isolées y sont à peu près inconnues. Les rues ou plutôt les ruelles des cités sont d'une saleté indicible. Il s'en exhale en toute saison des miasmes qui engendrent des épidémies meurtrières et do redoutables maladies de la peau, parmi lesquelles il faut citer l'éléphantiasis. Les routes impériales, si bien entretenues au moyen âge, sont maintenant dans un état déplorable, quoiqu'elles possèdent encore des relais de poste régulièrement espacés. Toutes les communications ont lieu par les cours d'eau, les canaux, les lacs sillonnés d'un nombre incalculable de jonques. Dans l'intérieur, on porte les charges à dos d'homme ou sur des brouettes munies de voiles. Après une longue résistance de la part des mandarins, on a pu commencer la construction de voies ferrées. La ligne Pékin-Tientsin-Changhaï a été inaugurée en 1894. A la suite d'une convention passée avec le gouvernement russe, on va commencer la construction d'une ligne d'Irkoutsk à Vladivostock à. travers la Mandchourie. Une ligne télégraphique traverse toute la Chine de Pékin à Kachgar (1894), une autre relie la Birmanie à la Chine (1895). L'industrie est très développée : elle ne connaît point la division du travail. Elle excelle dans la fabrication des étoffes de coton et de toile, de la porcelaine, des bronzes niellés, des émaux, dans la teinture. Le sel est fort abondant en Chine et on le recueille partout par des procédés simples et économiques. Les filons de minerais de la Chine occidentale sont à peine entamés ; mais la houille est l'objet d'une exploitation plus importante dans le Setchouen, le Hounan, le Chan-si méridional. Nul peuple n'égale les Chinois dans la fabrication des alliages dont ils font des gongs et des tam-tams. Les laques de la Chine sont les plus renommées qu'il y ait au monde. Son encre de charbon est demeurée jusqu'à présent inimitable. Les Chinois sont considérés comme les inventeurs du papier, et ils en préparent des espèces qui manquent à l'Europe. Ils possédaient l'imprimerie avant la fin du VIe siècle de l'ère vulgaire, et ils ont connu la boussole bien avant les Européens. Dans tout ce qui a rapport à la vie pratique, les Chinois font usage de procédés perfectionnés aussi simples qu'économiques. Ils préparent un repas plantureux avec quelques charbons. On peut caractériser d'un mot la civilisation matérielle de la Chine : elle représente ce que l'empirisme a produit de plus parfait chez les hommes, mais elle n'a jamais été guidée par une science généralisatrice. Les Chinois sont mesquins dans leurs habitations particulières. Leurs monuments publics les plus remarquables consistent en une superposition d'étages dont chacun est surmonté d'un toit aux angles recourbés vers le ciel. Tels sont les temples, les pagodes, les tombeaux des empereurs et des grands personnages, construits au milieu de parcs et de bosquets. Les seuls travaux publics vraiment dignes d'intérêt sont la Grande Muraille, rempart long de 1700 kilomètres, construite de l'an 303 Avant Jésus-Christ. . à l'an 210 de notre ère sur la frontière de la Mongolie, pour protéger la Chine contre les invasions venant du Nord, et qui ne l'a protégée ni contre les Mongols m contre les Mandchoux ; puis le Grand Canal impérial, qui, parcourant l’Est de la Chine du Nord au Sud, parallèlement au rivage de la mer, relie Pékin a Canton : il n'a point d'écluses et ne fait que mettre en communication des lacs et des cours d'eau les uns avec les autres. La langue, chinoise est monosyllabique. Tout mot n'est composé que d'une syllabe et les mots vraiment distincts ne sont pas nombreux ; mais chacun d'eux peut être prononcé sur des tons différents, sur huit au moins, et le sens change avec l'intonation, ce qui multiplie considérablement en fait le nombre des mots. Les catégories grammaticales sont inconnues dans la langue : suivant la place qu'il occupe dans la phrase, un même mot remplit les fonctions de nom, d'adjectif, de verbe, etc. La langue parlée est obscure, même pour les Chinois. Il arrive fréquemment qu'ils ne s'entendent point dans la conversation, et qu'alors ils sont obligés de recourir à l'écriture pour être bien compris. L'écriture elle-même est fort incommode. Elle est idéographique et chaque caractère représente non un son, mais un objet, une idée ; à l'origine, ces caractères étaient des représentations plus ou moins exactes des objets. Il y en a de fort compliqués, et on en compte près de cinquante mille. Il est rare qu'un Chinois, même très lettré, parvienne à les connaître tous ; mais une ou deux centaines suffisent pour l'usage ordinaire, et tous les Chinois savent lire ces mots usuels. On les trace avec un pinceau. Trois religions sont pratiquées en Chine. Ce sont la religion de Confucius, le taoïsme et le bouddhisme. La religion de Confucius dérive du plus ancien culte chinois, qui consistait dans l'adoration des forces naturelles personnifiées, des génies, des âmes des ancêtres ; mais le célèbre philosophe l'a réduite au culte des parents décédés et à l'observance scrupuleuse des mœurs, des coutumes, des cérémonies, des usages les plus anciens. Le taoïsme, fondé par Lao-Tsé, contemporain de Confucius, était, à l'origine, une sorte de panthéisme vague. Il a dégénéré en magie pure, en nécromancie. Il ne se préoccupe plus que de la conjuration des génies, surtout des génies malfaisants. C'est la religion de la peur. Le bouddhisme, dont la première apparition en Chine remonte au IIe siècle environ avant notre ère, mais qui s'est surtout répandu dans le pays au VIe siècle de l'ère chrétienne, a fait de larges emprunts aux croyances populaires de la Chine et s'est transformé en un véritable fétichisme. Les prêtres et les moines bouddhistes observent le célibat. Ces derniers vivent dans des couvents dont le nombre est considérable. La religion du Bouddha est celle de la grande majorité des Chinois. Il n'y a guère que l'empereur, les hauts fonctionnaires et les lettrés qui soient de la religion de Confucius. Du reste, dans l'esprit des Chinois,, les trois religions ne sont pas exclusives les unes des autres. Quantité d'habitants du Céleste-Empire les pratiquent simultanément toutes les trois, disant que les trois religions n'en font qu'une, et l'empereur est le grand prêtre officiel de chacune de ces croyances. Après les trois cultes réputés nationaux, la religion mahométane est la plus répandue. Introduite au XIIIe siècle dans le pays par les conquérants mongols, elle compte aujourd'hui 50 millions d'adhérents. Le soulèvement d'une notable fraction de ces derniers, en 1856, amena une guerre civile de seize ans qui causa des maux incalculables et mit l'empire à deux doigts de sa perte. Il y a peu de chrétiens dans l'empire. Cependant des missionnaires syriens y avaient pénétré en 635 et y avaient établi des Églises nestoriennes qui subsistèrent jusqu'à l'invasion de Tamerlan. Ce fut seulement vers la fin du XVIe siècle (1581) que des missionnaires catholiques réussirent à pénétrer dans le territoire chinois. Grâce aux jésuites astronomes qui surent rendre de signalés services à la cour de Pékin, et à la tolérance de ces missionnaires pour certains rites des indigènes, le christianisme put être prêché librement en Chine pendant le XVIIe siècle et conquérir un nombre assez considérable de néophytes ; mais l'arrivée des dominicains, et une bulle de Clément XI, en 1715, arrêtèrent ces progrès, et il y eut ensuite plusieurs périodes de persécution. Actuellement on compte environ 500 000 chrétiens et trois à quatre cents missionnaires français, italiens, espagnols et belges. Depuis le traité de Nankin, en 1842, des missions protestantes anglaises se sont établies dans les cinq ports que ce traité ouvrait au commerce ; mais elles ont eu jusqu'à présent peu de succès, et le nombre des Chinois convertis au protestantisme ne dépasse pas 50 000. Le gouvernement chinois repose sur ce principe que toute la nation n'est qu'une grande famille dont l'empereur est à la fois le père et la mère ; mais il est père dans le sens antique, celui que les Grecs et les Romains attachaient à ce titre : il est revêtu d'un pouvoir absolu sur les personnes et sur les biens de ses sujets, et il est, de la part de tous, l'objet d'un véritable culte. Toutefois il y a des bornes à son pouvoir en apparence sans limites, bornes étroites tracées par la coutume. Des prescriptions traditionnelles et un grand nombre de fois séculaires tracent à l'empereur ses devoirs et règlent jusqu'aux détails les plus insignifiants de sa vie journalière. Il est, sous ce rapport, dans la même situation que les souverains de l'ancienne Egypte. L'empereur n'exerce point par lui-même son pouvoir presque divin ; il le délègue au neï-ko, conseil composé par moitié de Mandchoux et de Chinois. Au-dessous du neï-ko se trouvent les ministères des finances, du service civil, des travaux publics, de la guerre, des rites, des châtiments et des pays vassaux. A la tête de chacun d'eux sont deux présidents, l'un mandchou, l'autre chinois. En outre un dernier ministère, le Tsing-li-yamen, a été créé en 1861 pour le département des affaires étrangères. Il est formé par la réunion de membres dont chacun représente l'un des six ministères dont il vient d'être question. Les actes de tout Chinois, même ceux de l'empereur, sont surveillés par le tribunal des censeurs, sorte d'inquisition qui scrute la vie publique et privée des citoyens, et se fait renseigner par de nombreux espions qui parcourent sans cesse la vaste étendue du territoire. La Chine ne connaît point les castes ; elle admet que toutes les places appartiennent, au mérite, au savoir, constatés par des examens. On ne devient fonctionnaire qu'après avoir reçu des diplômes accordés au concours. Il faut subir trois épreuves correspondant à nos grades de bachelier, de licencié et de docteur, et donnant droit à l'exercice de fonctions de plus en plus élevées. Tout le monde est admis aux examens sans limite d'âge, et le peuple a une vénération profonde pour ceux qui les ont subis. Malheureusement, la science qui forme la matière de ces examens est une science creuse, comparable de tous points à notre scolastique du moyen âge. Elle livre l'administration aux beaux esprits et en écarte trop souvent les hommes d'action. L'institution du mandarinisme est l'une des principales causes de l'immobilité des esprits en Chine. Elle a produit dans les cerveaux chinois un véritable arrêt de développement. La société chinoise est faite à l'image du gouvernement. Le père de famille exerce sur ses enfants la même autorité que l'empereur sur ses sujets, et la piété filiale est réputée la principale et même l'unique vertu : les enfants sont toujours prêts à sacrifier leur vie pour les auteurs de leurs jours, et on en a vu qui se soumettaient à l'esclavage et à la mort pour procurer à leur père quelque bien-être. Les belles actions des fils anoblissent le père et toute la lignée des ancêtres. Cet état patriarcal, fort louable par certains côtés, a néanmoins l'inconvénient de détruire chez les individus l'esprit d'initiative. Comme c'est un crime de ne point se conformer aux usages traditionnels des ancêtres, de ne point les imiter en tout, on devient rebelle au progrès, aux améliorations, et l'on recommence indéfiniment la vie des générations antérieures. La justice est rendue par les mandarins, et le code pénal chinois est d'une dureté excessive. La torture est encore en usage et les condamnés à mort sont tourmentés avant la décapitation, la strangulation ou le garrot. On leur arrache la peau du front et on la leur rabat sur les yeux. Pour les simples délits, on applique la peine du rotin et celle de la cangue. Les prisons sont hideuses, et les détenus y meurent de faim quand leur famille ou des associations charitables ne leur apportent point de nourriture. Le principe de la substitution d'un individu innocent au coupable est admis par les lois chinoises, et l'on a vu des fils, pour assurer l'aisance à leur père, consentir à prendre la place d'un condamné à mort et subir pour lui le dernier supplice. La propriété y fut d'abord à peu près collective, et les communes y étaient organisées à la façon des mirs de la Russie. Aujourd’hui, elle est devenue individuelle et c'est le système de la petite propriété qui prédomine. Néanmoins il existe des traces de l'ancien état de choses et la totalité des habitants d'une ville est responsable des infractions à la loi commises sur son territoire. Une ville où un parricide a été perpétré est rasée sur-le-champ. Les plus anciens écrits historiques des Chinois ont conservé le souvenir de leur établissement sur ce territoire. Ils y seraient venus de la Dzoungarie. A plusieurs reprises, la Chine a été divisée en royaumes particuliers ; mais chaque fois ces royaumes ont été ensuite réunis. En 1180, les Mongols avec Gengis-Khan en commencèrent la conquête, et Koublaï-Khan, petit-fils de Gengis, devint maître de toute la Chine en 1280. Il fonda la dynastie des Youen, remplacée en 1368 paila dynastie nationale des Ming. En 1644, le pays fut conquis par les Mandchoux, qui inaugurèrent la dynastie des Taï-Tchsing, encore régnante, mais affaiblie par les soulèvements des Taï-ping ou rebelles (1851-1853) et des mahométans ou Douganes. L'armée de terre chinoise n'est formidable qu'en apparence, ainsi que l'a montré la guerre avec le Japon (1894-95). Elle se compose des 5 000 hommes de la garde impériale, des vingt-quatre bannières, et de l'armée du drapeau vert. Dans l'armée des vingt-quatre bannières, on compte huit bannières mandchoues, huit bannières mongoles et huit bannières chinoises. Ces troupes, toujours commandées par un Tartare et occupant la partie tartare de chaque ville, sont, à proprement parler, l'armée du gouvernement. Elles sont chargées d'étouffer les insurrections. L'armée du drapeau vert est divisée en dix-huit corps correspondant aux dix-huit provinces de la Chine. Elle est formée de miliciens ou engagés volontaires dont le chiffre, sur le papier, monte à 600 000 hommes, mais se réduit en réalité à 300 000. On ne peut obliger les miliciens à sortir du territoire de la province. Ce sont des soldats fort pacifiques, uniquement occupés à faire la police des localités et des routes, à entretenir les digues et les canaux. La flotte chinoise, qui comprenait beaucoup de navires de modèle récent et bien armés, a été complètement détruite par les Japonais, ainsi que les grands ports de guerre de Weï-haï-Weï et de Port-Arthur (1894-95). (Voyez Japon.) Les douanes constituent le principal revenu de l'empire. Elles sont gérées par des administrations européennes. Longtemps la Chine est demeurée fermée au commerce européen. Cependant, dès Tannée 1557, les Portugais s'établirent à Macao, sur l'estuaire du Si-Kiang. Vers 1800, les Chinois commencèrent à s'habituer au funeste usage de fumer l'opium, importé chez eux de l'Hindoustan anglais. Le gouvernement de Pékin ayant prohibé cette importation, l'Angleterre entreprit la guerre de 1841. terminée l'année suivante par le traité de Nankin en vertu duquel l'Angleterre obtenait en toute propriété la petite île de Hongkong, un peu à droite de l'embouchure du Si-Kiang, et en outre l'ouverture au commerce européen des cinq ports de Canton, Arnoï, Fou-tcheou, Nihg-po et-Changkaï. L'inexécution de ce traité de la part de la Chine amena deux expéditions contre ce pays faites de concert par l'Angleterre et la France en 1857, et en 1860, terminées par la prise de Pékin et suivies du traité de Tien-tsin, en 1860, par lequel dix-neuf ports furent ouverts au commerce européen. Parmi ces ports, huit sont de première importance : ce sont, du Nord au Sud : Tien-tsin, le port de Pékin ; Han-keou, sur le Yang-tsé-Kiang, le port des thés ; Changhaï, le port des soies, et le plus important dos ports de la Chine ; Ning-po, Fou-tcheou, Takeou, Amoï, Canton et Pak-hoï, au fond du Golfe du Tonkin. A partir de l898,les grandes puissances européennes ont pris pied sur le littoral de la Chine, en se faisant céder, sous forme de prise à bail de longue durée, des ports ou portions de territoire. Le5janvierl898, l'Allemagne se fit céder ainsi Kiao-Tcheou, sur la mer Jaune ; le 15 mars, la Russie prit possession de Port-Arthur, au nord de l'entrée du golfe de Petchili ; le 5 avril, l'Angleterre s'empara de Weï-haï-Weï au sud de l'entrée du même golfe, et le 10 juin, du territoire en face de Hong-Kong. En mars, la France se fit céder la baie de Kouang-Tcheou. En 1900, un soulèvement contre les étrangers, soi-disant de la société secrète des Boxers, mais encouragé par le gouvernement, l'assassinat du représentant de l'Allemagne et le siège des légations à Pékin, amènent une expédition des grandes puissances européennes et du Japon qui s'emparent de Pékin le 4 août. Par des moyens pacifiques, la Russie a obtenu le libre commerce avec la Chine. Il a lieu au moyen de caravanes qui parcourent la route de Pékin à Kiakhla, ville de Sibérie. La Chine subit aujourd'hui l'assaut des idées européennes. Parle chemin de fer le Transsibérien, aujourd'hui exploité, construit par les Russes, la Chine est directement reliée à St-Pétersbourg. Les émigrants, les coolies, vont louer leurs bras dans l'Indo-Chine, dans l'archipel de la Sonde, en Australie, aux Philippines, en Californie, etc., et, avec le pécule qu'ils ont amassé à force de travail, de sobriété, d'économie, ils rapportent dans leur patrie les suggestions de la civilisation moderne. — Dérivés Chinois, chinoiserie, chiner, chinage.

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Source : Dictionnaire français illustré des mots et des choses par Larive & Fleury en 1887

Avertissement : Ce texte restitue l'opinion de son auteur sur les faits, les choses ou les gens évoqués à l'époque où il a été écrit. Cet article est fruit d'un contexte. Il ne présume en rien de l'avis de l'éditeur du site sur le sujet évoqué.

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